Renaud Briançon, coach

Un cap depuis plus de 20 ans : la sérénité des managers

Comment j’en suis venu à me centrer sur la sérénité des Managers ?

Démarrage au petit bonheur

Quand j’étais gamin, j’aimais déjà bien bricoler. 10 ans après, je me suis naturellement retrouvé dans une école d’ingénieur (Arts et Métiers Paris-Tech) pour « comprendre comment ça marche » et l’améliorer.

J’ai tâtonné plusieurs années en début de parcours professionnel, en commençant par l’opportunité de faire ma « coopération militaire » comme responsable en second-œuvre à Yaoundé pendant 14 mois, belle expérience industrielle autant que culturelle, apprenant beaucoup moi-même, et formant aussitôt mon équipe avec mes savoir-faire fraichement acquis.

La ligne droite, c’est fun un temps

De retour en France, direction Monaco (on fait pire !) à l’usine Biotherm (Merci l’Oréal). Responsable du Service qualité des Packagings. Comme Manager d’une dizaine de personnes, j’étais encore bancal, sans tuteur, ni formation, et je pouvais être un peu raide dans la relation avec mes N-1, pas fun. Je ne savais pas encore comment mobiliser positivement. En parallèle j’ai appris les secrets des packagings, et surtout gentiment challengé nos fournisseurs pour qu’ils atteignent notre niveau d’exigence. A force de persévérance et d’encouragements, j’ai réduit leur indicateur de non-qualité de 30 à 3% en 3 ans.

Cela m’a valu d’atterrir en Picardie dans une splendide usine, comme Chef d’unité de production des parfums Guy Laroche et Armani (toujours l’Oréal), devenant de facto, Manager de Managers avec un bel atelier de 100 personnes. C’était le boom de l’automatisation des lignes de conditionnement, où nous passions du tout manuel au tout automatique, révolution autant technique qu’humaine ! J’ai alors réussi à mobiliser juste par mon enthousiasme et toujours au feeling ! Ça a bien marché : une déléguée CGT est venue me dire un jour qu’il y avait une personne de trop sur la ligne ! Sa chef de secteur était scotchée.

Je suis ensuite parti faire un MBA dans l’Indiana (Krannert-Purdue), ciblé pour son programme en 1 an, avec, euh, un retour abrupt à la case « ambiance prépa » vu la densité en credit-hours et le rythme infernal pour boucler tout en un an. J’ai aussi découvert, au milieu de l’Amérique très très profonde dans sa culture mainstream (gros pickups, shopping malls et fast foods, what else ?!) , une culture très positive, ce qui m’a profondément marqué et confirmé le style auquel j’aspirais : on n’y parlait jamais d’erreur, de problème, ou d’échec, mais de potentiel, challenge, et progrès !

De retour en France à nouveau, je suis devenu Directeur d’exploitation aux Bateaux Parisiens (Sodexo), passant de l’industrie aux services, attendu pour y apporter de la rigueur et de la structuration. J’ai contribué à bien réduire le turnover des saisonniers tout en augmentant les ventes à bord des croisières commentées. Mais bon, la routine du tourisme de masse, même avec des marges énormes, c’était pas mon trip ! Heureusement, il y avait le fun des travaux neufs, la construction de bateaux de croisière trimarans (visibles sur la Seine) grâce à un architecte brillant.

Prise de mon propre cap en 2 virages serrés

J’ai eu la chance de les quitter avec un outplacement, et de faire un sérieux bilan de mes compétences et surtout de mes motivations. Cela m’a bien ouvert les yeux, car je me fourvoyais dans ces industries répétitives, ô combien intéressantes voire utiles, mais qui ne me correspondaient pas.

J’ai alors fait un premier virage à 90° comme chef de projet en amélioration de la performance opérationnelle (Hitachi consulting aujourd’hui), au service de gros clients comme Holcim. J’ai notamment mené 2 projets passionnants dans 2 cimenteries, à Fès et à Lausanne, culturellement aux antipodes ! Embarquant les Managers des 3 niveaux.  J’ai aussi et surtout appris et mis en œuvre des quantités de techniques de pilotage et de mobilisation des personnes pour faire aboutir des objectifs très ambitieux et les pérenniser. Là, j’ai brusquement et beaucoup grandi en alignement personnel, relationnel et management.

J’ai alors réalisé, mon travail de bilan maturant lentement, que les personnes dans les Entreprises m’intéressaient davantage que les structures elles-mêmes. J’ai donc fait un 2e virage à 90°, en 2001, pour enter dans un cabinet de ressources humaines (Leroy-BPI) et devenir coach en Bilans de compétences, Outplacement et Coaching pour de très nombreux Cadres Sup, hommes et femmes. Je me suis alors copieusement formé à pleins d’autres techniques de psychologie concrète (PNL, coaching, MBTI, Systémique) pour accompagner des personnes souvent désorientées et/ou choquées, sous pressions multiples, pour les amener à trouver leur propre voie et leur propre style avec une sérénité retrouvée et croissante. En parallèle de ces années, j’ai beaucoup travaillé sur moi, ce qui m’a permis de mieux me connaître, pour ma propre sérénité tout en gagnant en puissance d’accompagnement.

Le bonheur est dans le changement

J’ai refait un 2e bilan d’orientation professionnelle, pour clarifier mon parcours, ce qui m’a décidé à devenir coach indépendant en 2007, libéré de la pression d’un employeur, mais pas de celle de mes clients, ce qui me convenait mieux. Et me mettre entièrement au service des Managers et des Dirigeants, pour les accompagner encore plus qualitativement sur leurs potentiels et leurs difficultés. Pour qu’ils retrouvent et développent leur sérénité.

J’ai ainsi continué sur ma voie et mon style propre, me formant encore copieusement (en Gestalt) jusqu’à ressentir de la sérénité et me centrer sur ce sujet : accompagner les managers dans leurs prises de poste et dans les dimensions quotidiennes de l’alignement avec eux-mêmes, leurs compétences relationnelles et managériales. 

Changer est un des sujets humains les plus délicats, auquel nous aspirons pour du mieux tout en y résistant fort…